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Le solo auto-assuré

Les informations contenues dans cette page sont issues de mon expérience personnelle et ne sauraient en aucun cas engager ma responsabilité sur les conséquences possibles de leur usage. Le solo auto-assuré est réservé aux grimpeurs expérimentés.

Il m’ est arrivé très souvent d’ être amené à grimper seul, sans partenaire pour m’ assurer. Le problème n’ est pas si difficile que ça à résoudre si l’ on a accès aux voies par le haut, mais lorsque cela n’ est pas possible comment faire ?
C’ est ce que nous allons voir ici en distinguant les deux cas : Accès possible par le haut des voies et Pas d’ accès au haut des voies.

Accès possible au haut des voies

La première des choses est d’ accéder au haut des voies pour y fixer une corde sur deux points béton évidemment. C’est le « Top Rope ».
Descendre sur un seul brin en rappel sur cette corde. Une fois en bas enlever le descendeur;

Fixer un autobloquant mécanique au baudrier (Poignée, basic, croll qui doivent être maintenus en position verticale par une cordelette passée autour du cou). J’ utilise personnellement une minitraction qui permet de se passer de cordelette.

Lover l’ excédent de corde pour qu ‘elle ne traîne pas par terre et pour qu ‘elle crée un poids mort au bout de la corde, évitant que celle ci ne remonte en lieu et place de l’autobloquant.

Une fois la voie sortie il ne reste plus qu ‘à déplacer la corde et qu ‘à recommencer dans une nouvelle voie.

Tout est expliqué là.

Pas d’accès au haut des voies

Il faut dans ce cas grimper en solo autoassuré en tête. Ces manoeuvres sont plus complexes et surtout plus risquées que dans le cas ci-dessus.

Prudence donc !

Il existe un système prévu à cet effet qui s’ appelle le Soloïst pas distribué en France mais que l’on peut trouver en Espagne (Chez Barrabes). Commande possible sur internet livraison rapide. Le système fonctionne parfaitement, le bloquage est sur tant que l’on ne chute pas la tête en bas.

J’ai donc du expérimenter et le fruit de mes recherches est exposé ci-dessous. Des deux systèmes essayés la plaquette New Alp est le premier qui m’ait donné presque entière satisfaction. J’ai également utilisé une plaquette Logic de Cassin, mais je n’ai pas eu vraiment confiance. A présent j’utilise le Grigri modifié qui me parait la meilleure méthode en dehors du Soloïst ou du Silent Partner.

Le matos :

On doit modifier le Grigri en perçant un trou de 6 mm dans lequel on passe un anneau de cordelette du même diamètre comme on le voit sur la photo ci-dessous. Le brin de gauche est le brin libre, celui de droite est le brin d’assurage (relié par l’ intermédiaire de dégaines au premier point d’ ancrage). Le mousqueton est relié au baudrier et la cordelette à un anneau de torse. Son diamètre a peu d’ importance car la seule contrainte qu ‘elle a est le poids du brin libre de la corde. Il faut disposer d’une dégaine explose montée avec deux mousquetons à vis ou un absorbeur de choc style Zypper de Petzl. Un autobloquant léger (Tibloc ou minitraction) est fortement recommandé.

Comment ça marche :

Fixer la dégaine explose à une extrémité de la corde par un noeud en huit (brin d’assurage) . Monter jusqu’au premier point et y fixer la corde par l’intermédiaire de la dégaine explose. Pendant la montée la corde n’est pas bloquée, elle coulisse librement dans le grigri. Arrivé au deuxième point on place une dégaine et l’on mousquetonne le brin fixé au premier point . Le brin libre va rester toujours libre. En cas de chute le brin fixe qui est normalement dirigé vers le bas va être dirigé vers le haut et le grigri va bloquer. Ça marche.

Arrivé au relais il ne reste plus qu’à fixer la corde sur deux points bien sur, redescendre pour défaire le mousqueton du bas tout en récupérant le matériel en place, remonter sur corde fixe, puis enchaîner gaillardement la longueur suivante.

Il faut tout de même connaître les limites du système. Jusqu’au premier point on est en solo, mais ça ce n’ est pas nouveau. Entre le premier et le deuxième point il y a danger en cas de chute car on est en facteur de chute deux. Tout grimpeur confirmé sait ce que cela veut dire. Pus haut ça va mieux, mais vers le milieu de la voie on commence à sentir les effets du tirage. Un moyen efficace de le supprimer consiste à fixer un autobloquant ( minitraction ou protraction, Tibloc ou autre) sur un des porte matériel, de façon à ce qu’ il bloque quand on tire la corde vers le bas (le brin libre bien entendu). A chaque dégaine placée on tire une quantité de corde suffisante pour accéder au point suivant. C’ est simple et efficace, seul inconvénient il ne faut pas se faire de noeud avec les 4 brins de corde qui pendouillent au baudrier et surtout mousquetonner le bon brin sous peine de grosse frayeur dans le meilleur des cas.. Autre danger c’ est que l’ on soit tenté de shunter les longueurs et que du fait d’ une corde trop courte l’ extrémité de celle ci passe dans le système et qu’ on la perde. Important : faire un noeud à l’ extrémité du brin libre.

Inutile de vous dire qu ‘avec un système pareil je me contente de faire des voies nettement en dessous de mon niveau maxi. Mais le plus important, dans ces cas là, c’ est de se faire plaisir, non pas de faire une performance.

Le problème du facteur 2 entre le premier et le deuxième point :

Trois solutions sont possibles pour éliminer le risque de chute en facteur 2 entre la première et la deuxième broche. On peut toujours attacher sa corde au sol autour d’un arbre par exemple. Attention à ce qu’elle ne risque pas de glisser vers le haut lors du choc (retour au sol possible). Personnellement je préfère placer une dégaine « explose » (photo si-contre) munie de deux mousquetons à vis entre la première broche et ma corde. En cas de chute la dégaine se découd amortissant le choc. On peut également fixer une longe de type « Zypper » de Petzl sur cette même première broche en lieu et place de la dégaine « explose » pour obtenir le même effet.

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