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Les dégaines

Élément essentiel de la grimpe en tête une dégaine est constituée de deux mousquetons simples reliés par une sangle cousue. Les deux mousquetons sont différents, le premier avec le doigt rectiligne est destiné à être relié au point d’ancrage, le deuxième présente un doigt courbé pour faciliter le passage de la corde.

On a vu apparaître ces derniers temps des dégaines avec des doigts en fil métallique pour en diminuer le poids.

Certaines dégaines présentent une modification de la base des mousquetons pour éviter à ceux ci de tourner sur la sangle et leur permettre de toujours travailler dans leur axe, assurant ainsi un maximum de fiabilité elles sont dites dégaines à sangle captive (Mousquetons de type D).

Sur les dégaines à sangle libre on peut ajouter un petit morceau de caoutchouc appelé string (photo de gauche) pour maintenir le mousqueton dans la bonne position. On ne le place que sur le mousqueton du bas uniquement, celui allant sur l’ancrage doit être libre. N’essayez pas avec le string de votre copine, ça ne marche pas …..

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Quelques conseils simples permettent de garantir la sécurité du grimpeur.

Comment positionner les dégaines sur les points d’ancrage ?
Le mousqueton de la dégaine où passe la corde a toujours un doigt coudé. Le doigt droit est toujours positionné sur les spits ou les broches scellées de la voie.
Pourquoi ? Une dégaine étant constituée de deux mousquetons reliés par une sangle, le mousqueton coudé est usiné avec des arêtes plus douces, de manière à ne pas blesser la corde. de même le mousqueton à doigt rectiligne placé dans les plaquettes peut présenter àla longue des blessures risquant d’abîmer la corde.  De plus ce doigt coudé permet un mousquetonnage plus aisé.

Comment mettre en place la corde dans le mousqueton d’une dégaine ?
Ce geste qui n’est pas intuitif, peut s’effectuer de deux manières.

  • La première consiste à maintenir le mousqueton avec le pouce et de passer la corde avec le majeur et l’index.
  • La seconde consistant à maintenir le mousqueton avec le majeur et de passer la corde avec le pouce et l’index.

Le mousquetonnage est une affaire d’habitude.

  • Savoir mousquetonner au bon moment s’acquièr à force de pratique. Généralement les points d’ancrage sont placés à proximité de prises correctes. Mais pas toujours.
  • Savoir mousquetonner rapidement viendra avec le temps et l’expérience..

Comment doit passer la corde dans le mousqueton d’une dégaine ?

Le positionnement de la corde dans la dégaine est primordial si l’on veut éviter le phénomène d’auto-décrochage qui pourrait se produire en cas de chute. Il faut toujours placer la corde du dessous vers le dessus (voir le schéma ci contre).
Ou si vous préférez, il faut que la corde sorte de la dégaine devant vous. Dans le cas inverse, il y a risque de décrochage de la corde en cas de chute par vrillage de la dégaine.

Le phénomène d’auto-décrochage
En cas de grosse chute la corde effectue un mouvement très rapide en « coup de fouet » qui peut provoquer son décrochage. C’est pourquoi, il est obligatoire de bien mettre en place les dégaines en fonction du sens de cheminement de la voie et surtout de placer la corde dans le bon sens.

Comment positionner les dégaines en fonction du cheminement de la voie ?
Si la voie est verticale, peu importe. Par contre, si le cheminement part en diagonale ou en traversée, il convient de placer le mousqueton de la dégaine où passe la corde dans la direction opposée à la progression du grimpeur. Si ce n’était pas le cas, il y aurait risque d’ouverture en cas de chute par un phénomène d’auto-décrochage.

Comment choisir ses dégaines ?
Le critére primordial est la résistance des mousquetons.
Les normes actuelles donnent des valeurs de résistance suivantes :

  • 2000 kg sur le grand axe doigt fermé.
  • 700 kg sur le grand axe doigt ouvert.
  • 700 kg sur le petit axe transversal.

La valeur la plus importante à prendre en compte est la valeur de la résistance du mousqueton doigt ouvert. Privilégiez les valeurs supérieures à 700 kg.

L’angle d’ouverture du doigt du mousqueton :
Choisisez des mousquetons avec une ouverture suffisante. En effet, si cette ouverture est
insuffisante, le mousquetonnage avec une corde à double peut poser quelques problèmes.

Le poids de la dégaine :
– Non négligable pour les grandes voies. Attention néanmoins, l’allégement peut induire une
baisse de la résistance des mousquetons. Certaines dégaines ont des doigts type « fil », plus
légères.

Quelques conseils

  • Il est indispensable lors de la mise en place d’une dégaine que les mousquetons ne rencontrent aucune résistance avec le rocher. Les contraintes mécaniques engendrées par une mauvaise mise en place peuvent entraîner une ouverture du mousqueton et réduire ainsi sa résistance, qui peut aller dans certains cas jusqu’à la rupture.
  • En moyenne la durée de vie d’une dégaine est de l’ordre de 2 à 3 ans pour la sangle et de 10 ans environ pour les mousquetons, pensez à les remplacer, leur résistance diminue avec le temps.
  • En cas de chute importante il convient de mettre au rebut la dégaine qui a amorti votre « vol ».
  • Vérifiez et pensez à changer les sangles si celles-ci présentent un degré d’usure important.
  • N’utilisez pas une dégaine trouvée, vous n’en connaissez pas son vécu. Toutefois en guise de porte-clef…
  • Prévoyez quelques dégaines avec une sangle longue, elles limiteront le tirage dans les voies tortueuses ou à l’amorce d’un toit.
  • Certaines dégaines ont un système de blocage du mousqueton coudé sur la sangle. Cela évite que le mousqueton ne tourne dans la sangle. Idéal pour le confort d’utilisation et pour la sécurité. Il est toujours très désagréable d’avoir un mousqueton à l’envers, surtout en cas de mousquetonnage délicat. Il existe des petits bouts de coutchouc appelés strings (n’empruntez pas celui de madame, ça ne marche pas …) qui peuvent se placer sur une dégaine normale afin d’éviter que le mousqueton ne tourne.

En cascade de glace ou en terrain d’aventure on utilise également des dégaines Explose dont la sangle ( photo ci-contre) est repliée plusieurs fois sur elle même maintenue en position par des coutures prévues pour céder lors d’un choc violent. L’amortissement obtenu est alors plus important et permet de protéger le grimpeur et surtout le point d’ancrage, broche en cascade de glace ou coinceur en terrain d’aventure.

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