Aller au contenu

Les réchappes

 

Au dessus du cinquième point, en tête dans une voie à votre limite, vous ne parvenez pas à passer. Il va falloir retourner au sol en récupérant tout le matériel. Un minimum de savoir faire est alors requis. Il faut savoir que l’on va faire un rappel sur un seul point, manoeuvre qui doit rester exceptionnelle. Nous distinguerons trois cas différents.

Premier cas :

Vous êtes sur une broche suffisamment grosse pour laisser passer le mousqueton de la vache et la corde. C’est le cas le plus simple. Il suffit de se vacher sur la broche, de défaire le noeud d’encordement en prenant les précautions nécessaires afin de ne pas risquer de perdre la corde, passer une extrémité de celle ci dans la broche, équilibrer les brins puis descendre en rappel. (Attention: on est sur un seul point, alors éviter de jouer les Tarzan). On peut sacrifier un maillon rapide si la broche est trop petite pour laisser passer le mousqueton de la vache et la corde ou utiliser une des méthodes ci dessous, la méthode N°3 étant universelle.

Deuxième cas :

Vous êtes sur une broche scellée ou sur une plaquette et votre corde est assez longue pour faire trois fois la distance qui vous sépare du sol ou du relais en dessous de vous mais la broche est trop petite pour laisser passer le mousqueton de la vache et votre corde. Comme dans tous les cas qui vont suivre première manoeuvre, se vacher sur la broche. Passer un anneau de cordelette dans cette même broche, passer ensuite une extrémité de la corde dans les deux boucles de la cordelette de façon à ce que son extrémité arrive au sol (ou au relais), récupérer l’autre extrémité de la corde que votre assureur a libéré et l’attacher à une boucle de la cordelette. Attention : choisir la boucle qui porte le noeud sinon ça va coincer. Placer le descendeur en huit sur les deux autres brins (A et B). Attention à ne pas se tromper. Puis un auto bloquant sur ces mêmes brins (si évidemment on a une cordelette supplémentaire ou un shunt) et redescendre en rappel (Attention: on est encore sur un seul point). Il ne reste plus qu’à rappeler la corde en tirant sur le brin (B) pour récupérer le rappel comme on le ferait normalement puis sur le brin (C) qui va récupérer la cordelette.

Troisième cas :

Cette fois ci vous êtes sur une plaquette. Il est alors hors de question de passer la corde directement dans la plaquette car elle serait abîmée par celle ci. De plus votre corde ne fait pas trois fois la distance à descendre (ou peut être vous n’en êtes pas sur alors ne prenons pas de risque). Pour comble de malheur il n’est pas possible de fractionner la descente. Pas de panique le noeud Dufour va vous rendre service.

Commencez par vous vacher sur la plaquette, passez une cordelette dans la plaquette puis passez un des deux brins du rappel dans la boucle portant le noeud de la cordelette. Attention à ne pas perdre celle-ci. Pour éviter cette mésaventure on peut placer un mousqueton dans la boucle opposée à celle portant le noeud. Passer ensuite les deux brins dans cette boucle comme montré sur le croquis N°3. On est à présent dans la bonne configuration pour terminer le noeud Dufour. Terminer celui-ci et descendre en rappel sur un seul brin. Attention de bien choisir le brin bloqué. Faire un essai préalable en tirant sur chacun des brins. Le bon brin est celui qui ne glisse pas.

Une fois le rappel terminé il n’y a plus qu’à rappeler la corde en tirant alternativement sur les deux brins. Le noeud Dufour défait, le poids de la corde entraîne la cordelette. On a ainsi récupéré tout son matériel. Si l’on n’est pas sur de son coup. On peut passer les deux brins du rappel dans les deux boucles de la cordelette et abandonner celle ci après avoir rappelé la corde.
La méthode ci dessus peut avantageusement être remplacée par celle-ci qui m’a été donnée par Xavier. Merci Xavier !!!!!! Le principe est globalement identique basé sur un noeud Dufour, mais la cordelette est attachée au point milieu de la corde par une tête d’alouette. On se retrouve dans le cas de la figure N°2 avec la corde fixée à la cordelette. Le reste de la manoeuvre est identique.

Avantage : il n’est plus nécessaire de faire passer toute une demi longueur de corde dans la cordelette. Pour poser sa réchappe il suffit de monter la corde jusqu’à son milieu et de faire la tête d’alouette avec la cordelette, de passer celleci dans l’ancrage et de commencer son Dufour. Gain de temps significatif. Cette méthode porterait le nom de Maillou ou Mayou, nom d’un stagiaire pendant un stage d’initiateur qui aurait suggéré cette solution.

         

Voici ci-dessus la description de la mise en place de cette réchappe sur Dufour. Remarquer que sur la photo N°1 le noeud de fermeture de la cordelette est à droite. C’est sur ce brin que sera passé le rappel. Le mousqueton de gauche sur la photo N°2 ne sert qu’à éviter la perte de la cordelette lors de la mise en place du rappel. Il est supprimé par la suite sinon on ne pourra pas rappeler la corde.

Réchappe sur maillon rapide en toute sécurité

La méthode ci dessous m’a été suggérée par un message sur l’excellent forum d’Escalade Camp to Camp.

Vous disposez d’un maillon rapide. Il suffit alors de le mettre sur l’ancrage, de passer la corde dedans et de se faire redescendre en moulinette (récupérer les dégaines au passage) en ayant soin de placer un machard sur le brin assureur de la corde de façon à ce qu’il bloque quand on le tire vers le haut et de le relier au baudrier. On le fait descendre en même temps que soi. Si par malheur le point d’ancrage cède on se retrouvera pendu sur la dernière dégaine encore en place.

Une réflexion au sujet de « Les réchappes »

  1. Mailloux dit :

    Bonjour à vous,

    Il me fait plaisir de lire votre article. C’est très intéressant. Par contre je voulais  gentiment vous préciser quelques détails 🙂

    La méthode avec la tête d’alouette s’appelle Mailloux. Il s’agit effectivement d’un stagiaire à un stage initiateur, c’était en 95. Par contre ce n’était pas pendant le stage mais après. Ne pouvant se résigner à une réchappe n’utilisant qu’un tiers de la corde, j’ai réfléchi et pensé à cette méthode. Le brevet d’état, à qui j’avais montré la méthode à l’époque, a vérifié auprès de plusieurs grimpeurs de la fédé et auprès d’un auteur de livres de secours en montagne et rien du genre n’existait.

    Je suis content de voir que la méthode est toujours enseignée. Et tant mieux si elle peut aider 😉

    N’oubliez pas que les réchappes c’est comme les pompiers : On est content de les avoir (ou savoir) mais c’est mieux si on n’en a pas besoin ;-))

    Alain Mailloux (le stagiaire)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *