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L’assurage

Sauf cas extrêmement rares (solo ou bloc) il faut être deux pour savourer notre sport. Un grimpeur bien sur et un assureur. Celui-ci a un rôle essentiel puisqu’il est responsable de la sécurité du grimpeur qui devra avoir toute confiance en lui.

Les bases de l’assurage.

Il se fait en cinq mouvements. Les images ci-dessus sont les mouvements d’un droitier. Pour un gaucher il faut évidemment inverser les positions.

  1. C’est la position de départ. Main gauche en haut, main droite en bas.
  2. Premier mouvement, la main gauche avale la corde en tirant vers le bas et la droite en tirant vers le haut. Attention dans cette position le freinage est réduit.
  3. Dès que l’on a avalé la main droite redescend vers le bas. Dans cette position le freinage est maximum.
  4. La main gauche redescend au dessus de la droite pour préparer un changement de main. En effet il ne faut en aucun cas lâcher le brin inférieur.
  5. La main droite saisit la corde au plus près du descendeur.
  6. On revient à la position de départ.

Quel que soit le système d’assurage utilisé (Huit, plaquette, Grigri, Tube,Yoyo, Noeud de demi cabestan) la séquence de mouvement reste identique. Seul le grigri permet dans certains cas de lâcher le brin inférieur.

La chaîne d’assurage

La chaîne d’assurage correspond à l’ensemble des éléments qui permettent au grimpeur, à l’alpiniste ou plus généralement, à toute personne évoluant en hauteur, d’être assuré.
La chaîne d’assurage comporte, au niveau d’une évolution classique d’une cordée :

  • Le corps du grimpeur (exclu),
  • Le harnais du grimpeur,
  • Le noeud d’encordement,
  • La corde,
  • Les points d’assurage,
  • Les dégaines mises sur ces points,
  • Le système de frein,
  • Le mousqueton reliant le système de frein au baudrier,
  • Le harnais de l’assureur,
  • Le corps de l’assureur (exclu).

Afin d’appréhender les risques qu’un grimpeur prend lorsqu’il pratique son activité, il est nécessaire de réfléchir à l’ensemble des éléments de la chaîne d’assurage, pris un à un.

Prenons l’exemple d’un grimpeur réalisant une voie en tête en école d’escalade et soulignons les différents points auxquel il doit veiller pour qu’il puisse grimper en toute sécurité.

  • Le harnais du grimpeur

Serrer votre harnais au dessus des hanches. Repasser la sangle dans la boucle de serrage sauf pour les baudriers munis d’une boucle auto bloquante (particularité précisée par le fabricant).

  • Le noeud d’encordement

Le noeud d’encordement est réalisé sur les 2 points d’assurage. Finir les 2 étapes de réalisation du noeud de huit (attention à ne pas se laisser distraire). Serrer les quatre brins du noeud de huit. Réaliser votre noeud d’arrêt. Vérifier et faites vérifier votre noeud d’encordement avant de commencer à grimper.

  • La corde

Vérifier régulièrement son état ( Corde ). Délover votre corde avant de vous lancer dans la voie: cela évitera à votre asseureur de se retrouver avec des noeuds pour cela un sac à corde est très pratique. En délovant celle-ci vérifier qu’il n’y ait pas de noeud (résistance moindre en cas de chute)

  • Les points d’assurage

En grimpant, veiller à ce que les points soient toujours en état : plaquette vissée et non fissurée, piton toujours bien coincé, etc. Veiller à l’éloignement des différents points d’assurage (chute au sol au niveau des premiers points)

  • Les dégaines mises sur ces points

Veiller à ce que le mousqueton de la dégaine soit bien positionné sur le point d’ancrage (sens longitudinal). Veiller à bien mousquetonner votre corde sur le point d’assurage : corde du grimpeur sortant du mousqueton de la parois vers l’extérieur, doigt du mousqueton orienté du côté opposé de la direction que prend le grimpeur.

  • Le système de frein

Installer le système de frein conformément à la notice d’utilisation. Pour un huit, passer la corde dans le plus gros trou, puis derrière le petit (non l’inverse). Ne clippez pas la corde directement dans le mousqueton à vis (position dite « en rapide » à éviter). L’assureur doit toujours avoir une main sur la corde sortant du système de frein (brin opposé au brin du grimpeur)

  • Le mousqueton reliant le système de frein au baudrier

Le mousqueton doit être à vis. La vis est vissée une fois le système de frein mis en place. Le mousqueton est positionné sur le pontet central (ou les deux points d’encordement).

  • Le harnais de l’assureur

Serrer votre harnais au dessus des hanches. Repasser la sangle dans la boucle de serrage

Autres conseils utiles

– Avant de vous engager dans une voie, assurez-vous que votre noeud d’encordement est correctement fait, on dira même terminé. L’habitude, l’automatisme ou la minute d’inattention peuvent vous amener à partir avec un noeud non terminé (c’est même arrivée à Lynn Hill, une des meilleures grimpeuse au monde, une légende vivante, dans la voie du Nose sur El Capitan au Yosemite – Californie). Soyez vigilant.

– L’assureur doit parer le grimpeur de tête tant que celui ci n’a pas mousquetonné le premier point. Cette technique est celle employée en escalade de blocs.

– Il faut savoir que, plus le grimpeur de tête est près du sol en début de voie, plus il convient d’être attentif, particulièrment tant que la deuxième dégaine n’est pas mise en place.
En effet le grimpeur peut être confronté à un retour au sol. Cette situation très dangereuse peut se produire lorsque qu’il prend du mou sur la corde pour mousquetonner le second point.
L’assureur à ce moment doit être très vigilant et doit pouvoir donner ou reprendre rapidement du mou sur la corde.

– Sachez également que, plus la différence de poids est grande, plus il convient d’être vigilant. Il est nécessaire de se tenir au pied de la paroi et non pas trop reculé par rapport à celle-ci.

– Ne pas oublier qu’enrayer la chute d’un grimpeur n’est possible qu’à son origine. Une fois que la corde file on se brûle les mains et fatalement on lâche. Tenez toujours le bon brin de corde, celui qui se trouve sous l’appareil d’assurage.

Le facteur de chute

Le facteur de chute détermine la  » dureté  » d’une chute : plus le facteur est élevé, plus la chute est violente pour le grimpeur. Par définition, le facteur de chute correspond à la hauteur de chute (H) rapportée à la longeur de corde déployée (L), soit H/L. Pour plus de renseignements voir la page « Notions de Physique« .
Prenons un exemple …
Je grimpe 2 mètres au dessus du relais et chute, sans avoir mis de point entre l’assureur et moi-même. La hauteur de la chute est alors égale à 4 mètres et la hauteur de corde déployée, à 2 mètres. Le facteur est de 2. La chute est extrêmement violente, bien que le vol soit relativement faible.
Cette même chute de 4 mètres, réalisée à 40 mètres du relais aurait engendré un facteur (théorique) d’environ 0.1.
Le facteur de chute est compris, pour la plupart des activités de montagne, entre 0 et 2. Il peut arriver qu’en via ferrata, par exemple, le facteur de chute atteigne des valeurs beaucoup plus importantes (jusqu’à 8). Il va s’en dire que le matériel classique n’est pas conçu à cet effet et qu’un matériel spécifique à cette activité est recommandé (absorbeur d’énergie).
Comment peut-on atteindre de tels facteurs ?
La via feratta correspond à l’évolution non encordée sur un parcours vertical d’une personne reliée à un câble par une longe. En moyenne tous les 5 mètres, le câble est relié à la paroi. La longe mesure jusqu’à 1 mètre.
Si la personne arrive en haut du câble et chute, le facteur est alors de 5/1, soit un facteur de chute égale à 5. Si la personne est audessus du dernier point d’ancrage, le facteur peut monter jusqu’à 7 (1m audessus + 5m de câble + 1m en dessous)/(1m de longe). Quelque soit le mousqueton ou la corde, le matériel cède devant de tels efforts !

Les cas particuliers:

Le facteur 2
Comme nous l’avons montré précédement, une chute de facteur 2 est extrèmement violente. Une corde ayant subi une chute de facteur 2 doit être aussitôt contrôlée, voire changée.
Pour éviter un facteur de chute égale à 2, il est nécessaire de toujours placer un point de renvoi en partant du relais puis très rapidement un deuxième point.

Le facteur 1
Ce facteur correspond à un retour au relais ou au sol du grimpeur. Bien que moins violentes, les chutes de facteur 1 sont très dangereuses.
Par définition, le facteur 1 est le facteur maximal d’une chute en crevasse ou d’un second de cordée.

Rapport entre facteur de chute et force de choc
Lors d’une chute, la force de choc n’est pas proportionnelle à la hauteur de chute, comme on pourrait le penser, mais dépend du facteur de chute. Ainsi, il a été montré que la force de choc était proportionnelle à la racine carrée du facteur de chute.

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