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Didier Raboutou

Autrefois, je passais chaque instant de liberté à grimper et ne pensais qu’à ça. Aujourd’hui, je songe davantage à l’avenir. J’aimerais avoir des enfants, leur permettre de faire leur chemin dans la vie et les aider. Même si je passe un mois sans grimper, je ne me le reproche pas car j’apprécie tout autant mon travail à la maison ou dans le jardin.  » L’homme qui prononce ces franches paroles a fait partie de l’élite mondiale de l’escalade pendant dix ans. Fasciné par la littérature sur l’alpinisme, Didier commença à grimper en autodidacte dans ses Pyrénées natales. Muni d’une corde de chanvre empruntée à son père et de quelques pitons, il grimpait tout simplement dans les falaises. A dix-sept ans, il suivit un stage d’escalade à Chamonix et constata alors que les rochers lui plaisaient davantage que les courses en haute montagne.  » A cette époque, rares étaient ceux qui pratiquaient l’escalade libre. Or cela me plaisait. C’était important pour moi de me distinguer de la masse.  » Ce petit Français calme et radieux à la fois opta alors pour la vie simple et vécut pendant des mois sur des terrains de camping. Dès le milieu des années 80, il répétait trois voies de 8a en l’espace d’une semaine, à Buoux. Didier ne tarda pas à se passionner pour une autre forme d’escalade, la compétition.

 » Sur une voie en falaise, tu es seul et tu ne grimpes que pour toi. En compétition, tu as derrière toi des milliers de gens qui ressentent avec toi, qui partagent ta joie. C’est une énergie énorme.  » Possédant une endurance légendaire, une énorme force de blocage et une résistance nerveuse à toute épreuve, Didier comptera plusieurs années durant parmi les meilleurs grimpeurs de compétition. Son seul handicap résidait dans sa répulsion pour les  » jetés « .

Puis, les victoires se faisant plus rares, Didier commença à s’interroger sur ses perspectives d’avenir. Il se retira de la compétition pour s’installer avec sa femme, Robyn Erbesfield, dans le petit village de Saint-Antonin, près de Toulouse. Quant à Robyn, elle joue encore un rôle majeur dans le milieu de la compétition.  » Cela a été dur pour moi d’arrêter, mais j’étais las de grimper, insatisfait de courir en permanence après les performances.  » Didier aime bricoler, il fabrique d’énormes rochers artificiels, assiste Robyn dans son entraînement et construit un mur d’escalade pour les élèves du centre dont il s’occupe. Dans ses cours, qui sont très fréquentés, il transmet ses connaissances aux jeunes comme aux vieux.  » Quand j’observe des gamins de trois ans en train de s’amuser sur un mur artificiel, je pense vraiment que l’escalade doit d’abord être un jeu. « 

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