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Ron Fawcet

Dès le premier jour, j’ai pris conscience qu’escalader les rochers serait essentiel pour moi.  » Une déclaration quelque peu inhabituelle à une époque où le milieu anglais avait les yeux rivés sur l’alpinisme classique, et où Chamonix représentait pour beaucoup la destination estivale favorite. » Le meilleur entraînement était de faire un tour au pub, de boire cinq pintes de bière et de parler d’escalade.  » Les idées de Pete Livesey étaient alors considérées comme révolutionnaires, en effet, il ne s’intéressait qu’aux voies extrêmes et était un pionnier de l’entraînement systématique. Ron, qui avait découvert l’escalade dans sa région natale, les falaises de Gritstone à Cookrise, chercha immédiatement à imiter son maître. Chaque jour, il faisait des traversées sur des ponts de chemin de fer ou sur des murs d’acier, se servant de rivets en guise de petites prises. En quelques semaines, il fut capable de gravir des voies difficiles dans la région de Malham. Il n’avait que seize ans, mais on le rencontrait sans cesse à Leeds, dans les premières salles d’escalade d’Angleterre.

 » La vie était simple. L’hiver, je travaillais pendant quatre à cinq mois à la chaîne dans une usine, et l’été se passait sur les rochers. « 

A dix-sept ans, Ron rencontre Pete Livésey Tous deux forment bientôt la meilleure cordée d’Angleterre. On les voit non seulement dans les diverses régions de l’île, mais aussi dans le Yosemite, le Vercors et le Verdon. En 1973, Ron séjourne de nouveau dans le Yosemite.  » La vie en toute liberté me plaisait et j’aimais particulièrement grimper avec John Long. Mais, hélas, certains des locaux de Camp 4, dont John Bachar, refusaient de nous adresser la parole et se montraient très distants. « 

Outre certaines voies très techniques en libre comme la Directissima, Ron réussit aussi plusieurs ouvertures dangereuses dans les sites d’escalade traditionnelle. A plùsieurs reprises, il entrera en conflit avec l’éthique prédominante. A Gogarth, où l’on interdisait les spits, il en fixera deux dans The Cad; deux ans plus tard, il travaille les mouvements de Stravvberries, une autre pratique très contestée.  » Je ne voulais pas qu’on me devance dans cette voie. Aujourd’hui, je suis un peu gêné quand j’y pense, mais je crois qu’en réalité Stravvberries n’était pas une voie pour moi – toutefois, on ne peut revenir sur les erreurs commises. On fera toujours de bonnes et de mauvaises choses d’un point de vue éthique. Mais, Dieu merci, nous n’avons pas de règles écrites et finalement chacun, ou le groupe, décide de son propre chef, ce qui est juste. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’aime tant grimper.  » 

Au début des années 80, Ron est incontestablement le grimpeur numéro un d’Angleterre. Une série d’ouvertures mar-quantes ont stimulé l’escalade britannique. Par ailleurs, en répétant un peu partout dans le monde des voies très sportives et considérées comme extrêmes, il devient le plus célèbre représentant de l’éthique anglaise et l’un des meilleurs grimpeurs au monde.

L’escalade est un aspect essentiel de sa vie. Ron part souvent seul en rocher, aime pratiquer le solo.  » Je considère la vie comme une grande aventure, et les voies que je gravis en solo intégral font partie de cette aventure. Le solo est très important pour moi;je prends plaisir au risque, à me surpasser, à jouer avec le danger.  » Ron a réalisé des ascensions magistrales en solo intégral dans des voies considérées à l’époque comme extrêmement difficiles. En 1981, avec Cave Route Lefthand, Ron atteint déjà le degré 7c+. En 1983, il devance Jerry Moffat, l’étoile montante, dans Master’s Edge, mais comprend alors que Jerry appartient à une nouvelle génération de grimpeurs avec laquelle il ne pourra plus rivaliser. Il ne se passionne guère pour les objectifs de cette nouvelle génération. Au lieu de passer des semaines à préparer un projet, il préfère grimper dans les rochers de Gritstone ou circuler d’un endroit à l’autre.

Ron fut le premier Anglais à vivre de contrats de sponsoring et de sa collaboration avec l’industrie des sports de montagne; il continue aujourd’hui à exercer cette profession.

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