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Thomas Huber

Encordé avec son père, Thomas découvre l’univers de l’escalade à quatorze ans. C’est aussi son père qui lui montre le Burgmauer, une paroi située dans les environs de Palling, où il s’entraînait lui-même autrefois. Très tôt Thomas gravit ses premières voies de VI au Fleischbank, dans le Wilder Kaiser. A seize ans il a déjà fait une quarantaine de voies en style alpin et atteint le 7a. C’est à cette époque qu’il commence à équiper ses propres voies.

Alexander, son frère cadet de deux ans, l’accompagne de plus en plus souvent, et ils forment bientôt une solide équipe connue à l’époque sous le sobriquet de Huberbuam. Dans la région de Berchtes-gaden, leur nom évoque des voies alpines psychiquement engagées ainsi que des ouvertures d’itinéraires extrêmes et très physiques.

Ce sont des partenaires de niveau égal quand il s’agit de gravir les calcaires peu sûrs des pentes alpines de leur région natale, près de Berchtesgaden, de grimper vers l’inconnu, de trouver l’endroit où poser un crochet ou de mettre un spit. Vom Winde verweht, qu’ils réalisent en équipe, puis Scaramouche, gravie en libre en une seule journée, font figure d’ex-ploits et marquent un chapitre del’his-toire de l’alpinisme.

Depuis, le Huberbuam fait partie de l’élite internationale.  » Si nous avions été seuls, nous ne serions pas allés aussi loin, nous nous sommes soutenus et encouragés mutuellement », explique Thomas. Bien que de tempérament différent, les deux frères sont soudés par une solide amitié. Si Thomas est plutôt d’une nature sensible, et ne fait pas abstraction de ses sentiments, tant et si bien que ses problèmes personnels ont parfois une incidence sur ses résultats, Alexander, au contraire, est un tenace qui prépare systématiquement ses voies. Mais, avec le temps, Thomas est devenu plus serein, il a acquis davantage d’équilibre intérieur depuis qu’il a interrompu ses études à Munich et vit à Berchtesgaden où il s’oc-cupe, avec son père, de l’hôtel Panta Rei.  » En escalade, le muscle le plus important, c’est le cerveau. J’ai fais moi-même l’expérience de la pertinence de cette remarque de Reinhard Karl, et j’apprends peu à peu à éliminer tous les facteurs de perturbations en pratiquant un entraînement mental intensif. Combien de fois les « femmes » ont bouleversé mes plans au cours de ces dernières années. Combien de fois la pesanteur est venue à bout de moi dans le dernier mouvement décisif, parce que je pensais à un amour perdu! J’ai appris que les clés de la réussite ne dépendent pas de mon talent de grimpeur, mais de mes problèmes affectifs. C’est une nouvelle relation, une sorte de passion-pour la grimpe qui, lentement, m’a rendu invulnérable et m’a libéré de l’em-prise de l’affectif.

Avec l’ascension en libre, et en une journée, de The End of Silence, Thomas est actuellement arrivé à l’apogée de sa carrière. Cet itinéraire de plusieurs longueurs compte parmi les voies les plus dures au monde et témoigne de fair-play et d’une attitude respectueuse à l’égard du rocher et de la nature. Elle est le résultat d’un entraînement sérieux et d’une énorme détermination.

Cinq ans après avoir ouvert la voie avec son frère, Thomas se sentait capable de la répéter d’une traite. II passa alors plus de trois semaines, seul dans cette paroi de 300 mètres; assuré par une corde statique et un Jumar il travailla les passages de blocs. Après deux échecs (dont une tentative interrompue par une chute dans le dernier pas de la longueur clé ), il termina son ascension en libre et en une seule journée. Thomas proposa que cette ascension soit cotée XI, bien que la longueur la plus difficile se situât autour du X+.  » Je crois que même ceux qui grimpent à la limite du X+ n’auraient pas réussi à franchir ce passage après avoir gravi les autres longueurs ( par conséquent, en libre et en une seule journée, cette voie est un XI). « 

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